10 janvier 2024

Le marché du mois is back (ou : que lire après Horcynus Orca)

Il y a bien longtemps, dans une coquille lointaine (& oubliée), un certain marché du mois
revenait avec une régularité aléatoire (sans passer par la case départ, ne touchez pas vingt-mille) et nanti d'images (floues, mea culpa) à caractère d'ambiance. En bref et pour faire court (sic), cliquez sur la catégorie idoine... dénommée non pas "idoine", mais "le marché du mois" (logique, Captain Kirk), vous comprendrez. Donc donc donc, le voici de retour tandis que l'on s'approche de la terre ferme après avoir navigué près de trois mois en mer de Charybde et Scylla à bord de l'incroyabladmirable Horcynus Orca, sacrefeu !
Ce marché du mois est la réponse à la question, ô combien épineuse après un tel roman océan&poustouflant : "que lire après" ? C'est fort de découvertes et conseils d'autres lecteurs d'arriguien & autres que l'on a opté pour ce qui va suivre, et, on l'a remarqué, diffère quelque peu des lectures des mois/années précédentes. On ne remerciera donc pas assez Benoît Virot, Henri, Pascal Leonard, Paninietzsche, et on en oublie (qu'ils veulent bien nous pardonner notre mémoire d'escargot). Single up all lines ! D'abord, pour rester en mer : Armen.
Ensuite : Paterson
Et encore : L'obscène oiseau de la nuit
Et pour le plaisir d'échouer sur la plage, coquillages et crustacés (clin d'oeil) : L'échec
PS : celui-ci nous demandera de rendre visite à un bouquiniste à portée de rames... sous peu Femme par magie
Vous savez tout. la suite sous peu

24 octobre 2023

#Horcynus Orca #Deuxième jour à bord : chiche (ou cisse) et le clapotis des vagues de l'attente

On va commencer par rassurer tout le monde (du moins les rares qui lisent ce vieux blog même pas rapiécé, truffé de liens morts, à la mise en page chaotique, au design daté) : on ne jettera pas de notule par-dessus bord tous les jours.

Pourquoi ? demandent ceux du fond (de cale ?)


Avant tout par manque de (gros) temps qui approche (les congés, à l'inverse des diamants, ne sont pas éternels.)
Par envie, ensuite, de naviguer seul à bord, en maître, de Charybde en Scylla.
De se laisser porter par les flots.
Lire, dans tous les cas, m'isole. (je la note pour ma biographie, celle-là)
Bref, vous avez saisi.

Avant cela, aujourd'hui, savoureux moment fait de pois chiche ou cisse, dans un "chapitre" où tout ondule, phrases allant vers l'avant, puis l'arrière, tel le clapotis des vagues de l'attente sur le quai : et c'est bien de cela dont il est question.
Une mère et sa fille lavent le linge sale de leur fils/frère
"... Sasà Liconti, pour faire bref, qui des astres a chuté au désastre..."

 qui, lui, attend un transbordement (dont on se prend à douter qu'il viendra) en exhibant une photo bien mystérieuse.
Bref, 

"Tout un ensemble de choses, que d'un côté elles avaient peut-être dites, la mère et la fille, et d'un autre n'avaient peut-être pas l'intention de lui dire, du moins la mère, parce que la fille, elle en avait à moitié l'intention : "Cet ensemble de choses, il y a de quoi dire..."

À l'inverse du premier jour à bord, où les féminautes enchaînaient les phrases pour n'en faire qu'une, unies (voir notule précédente), ici, tout n'est qu'ondulation, vaguelettes qui s'échouent au bord d'un quai, puis repartent au gré de la marée (en somme).

"Oui, il était là, il est là : un homme dévasté, si vous le voyiez, et il faudrait que vous l'ayez connu avant pour vous en faire une idée."

Mais pourquoi chiche ou cisse ? demandent encore ceux du fond.

Parce que si l'on souhaite vérifier que vous êtes sicilien, on vous fera dire "pois chiche".
Chiche, vous êtes Français.
Sisse, vous êtes Sicilien.

À vous de découvrir la suite.

Avant de tourner la page du jour, et de reprendre un de ces quatre, on ne saurait que trop vous recommander de lire cet excellent article de La viduité.

Si après tout ça vous n'avez pas l'envie d'embarquer dans le voyage au long cours Horcynus Orca, c'est à n'y rien comprendre.

La suite sous peu

23 octobre 2023

#Horcynus Orca #Premier jour à bord

Premier jour à bord d'Horcynus Orca, et, autant le dire, si l'on bave, cela n'a rien à voir avec un quelconque mal de mer.

Bien au contraire.

Quelques preuves à savourer, en image(s) tirées de la version numérique (même si l'esc@rgot navigue à bord du papier)
Page 47

Page 56

Néanmoins, pour ceux n'ayant pas le pied marin, ou souhaitant s'orienter au sextant

dans cette marée de références (la version numérique est traitre en ce que l'on a tendance à vouloir dénicher sur la toile le vrai du faux, que l'on risque vite de systématiser ce, oui, défaut - on a d'ailleurs bien vite cessé ce manège, préférant se laisser... embarquer), jeux de mots, mots valises, dialectes mêlés, voici de quoi (tenter de) s'y retrouver : le site compagnon (2018 a priori)

On le redira toutefois, à trop vouloir chercher, on s'y perd.

Autant se laisser porter par les flots et les pépites qui y naviguent.

Quelques preuves savoureuses, en mots : 

"... et ce giganton d'Aspromonte, puits sans fond, antre où le malagauche peinait à retrouver la sortie..."

"... pareille à un être fait d'air, une silhouette sans existence, enfantasmée."

"... Boccadopa devait descendre de sa béquille et cigogner sur son unique jambe..."

On ne va pas tous les sortir, on ne va pas spoiler (même si on se poile) mais vous aurez compris que cette petite musique rend l'ensemble... délicieux.

Alors n'attendez plus, montez à bord, on vous dit !

PS : coquille or not coquille ? Là est la question... et on préfère nettement croire à un acte volontaire.
Page 63, se trouve un... volontié.
On cite : "Je retourne et je dis : le petit marin, volontié il a dit, s'il peut."

La suite sous peu

22 octobre 2023

L'esc@rgot sort de sa coquille

Dix ans.
Il aura fallu dix ans pour que l'esc@rgot ressorte de sa coquille.
Pourquoi avoir tant attendu ?
Pourquoi aujourd'hui ?
Pour faire court : à cause d'un pavé lancé dans la mare nostrum.
Celui-ci :

Horcynus Orca.
Traduit par Antonio Werli (oui, celui du Fric-Frac Club - mais pas que)
12 ans de boulot - respect.
Lisez ceci, en passant (et notez bien la date, et ce que dit Antonio quant à la fin prévue de la traduction) : Antonio Werli en pleine mer avec Horcynus Orca
Un livre monstre, soi-disant intraduisible, qu'Antonio et Le Nouvel Attila nous collent dans la PAL.
Un vendredi (le jour du poisson).
Un vendredi 13 (ça porte bonheur). 
13/10/2023. 
Pour notre plus grand plaisir.
Ça méritait bien qu'on fasse du bouche à bouche à l'esc@rgot.
Donc donc donc.
On plonge ! Les yeux ouverts !
Now single up all lines!

-- la suite sous peu (enfin... dans 1300 pages et quelques)

17 septembre 2013

Saigner sur les bords

On l'attendait.
Le voici.
Disponible depuis aujourd'hui-là-maintenant.
Le voilà :
Et maintenant, ça va saigner sur les bords : on plonge - non sans une pensée émue pour Nicolas Richard qui, je cite un certain clavier cannibale, est l'homme qui sue actuellement sangs et os sur la traduction du dernier Pynchon, Bleeding Edge.

La suite sous peu.

17 février 2012

avant que le nouveau vieil homme ne tombe à la mer

Faites passer, avant que cela disparaisse une fois encore :

déniché ici : http://blog.epagine.fr/index.php/2012/02/hemingway-le-vieil-homme-et-la-mer-nouvelle-traduction/

16 février 2012

Hemingway | Le vieil homme et la mer | nouvelle traduction

Note du 17 février 2012 : Contrairement à ce que j’écrivais hier, ce titre ne peut plus être téléchargé pour l’instant, ni sur ePagine, ni sur les sites des libraires partenaires, les éditions Gallimard venant brutalement de demander à publie.net « de retirer cet ouvrage de la vente, dont la publication et la commercialisation constituent un acte de contrefaçon » ainsi qu’à tous les diffuseurs « de procéder à son retrait immédiat » de leur plateforme (cf. le billet de François Bon sur le tiers livre).
L’équipe technique d’ePagine a reçu cette lettre. Pas moi, ce qui m’a d’abord étonné (étant dans cette liste de diffusion). Plus tard j’ai reçu un courriel où il était notamment question de ce billet. Alors j’ai compris pourquoi je n’avais pas été destinataire de la première lettre. Mais je ne parlerai pas de ça ici. Je m’exprimerai sur mon propre blog, plus tard.
Pour l’instant, comme personne ne m’a encore demandé de « procéder au retrait immédiat » de ce billet avec extrait de la traduction du vieil homme et la mer par François Bon, je le laisserai en ligne. En soutien à tous les passeurs de textes, de savoir et d’émotions.
Je signale aussi à tous ceux qui ne connaîtraient pas et souhaiteraient découvrir ce que propose cette maison d’édition numérique d’aller jeter à œil à son catalogue exigeant (vous pouvez aussi visiter ce blog qui a chroniqué nombre de ses titres mis en ligne depuis 3 ans). Vous y trouverez là des écrivains classiques mais surtout des auteurs d’aujourd’hui. Vous y lirez de la poésie, des fictions, des polars, de la SF, des essais. Il n’y aura pas plus beau soutien (et agréable qui plus est) à cette maison d’édition (qui est une coopérative d’auteurs) passionnée par la diffusion de toutes les formes d’écritures, les langues singulières, les voix et les idées. Ce qui s’écrit là est notre mémoire de demain, la mémoire des hommes, la mémoire et la mer (« La marée, je l’ai dans le cœur/ Qui me remonte comme un signe »).

Après Lovecraft, Melville et Kafka, un autre grand auteur du XXe siècle, Hemingway, vient de rejoindre le répertoire numérique de publie.net en bénéficiant lui aussi d’une nouvelle traduction. Si le Bartleby de Melville (cf. billet du 27 juillet 2011) et les histoires terrifiantes de Lovecraft sont traduites par Ruth Szafranski (cf. également ses récentes traductions de Dashiell Hammett), si les 57 récits brefs de Kafka (cf. billet du 6 février dernier) sont traduits par Laurent Margantin, Le vieil homme et la mer d’Ernest Hemingway, lui, a été travaillé au plus près par François Bon. Voici d’ailleurs ce qu’il en dit : « Traduire c’est reprendre un texte comme du gravier, lentement. Par rapport aux autres textes d’Hemingway, presque un travail de statuaire : si peu de mots, et le tournoiement de leurs répétitions, des didascalies qui détourent les phrases comme un vitrail. Le jeu précis de miroitements entre les paroles que le vieil homme dit à haute voix pour le ciel, le poisson ou lui-même, et son monologue intérieur. Le travail comme sur du marbre entre homme et animal, et l’égalité terrible devant mort et destin. L’énorme défi de ce texte, c’est comment l’universel tient à ce rythme, et ce concret. Puis la violence de la fable, l’émergence crue de beauté qui en est le complément nécessaire, presque incestueux. »
Cette nouvelle traduction du vieil homme et la mer d’Ernest Hemingway mise en ligne par publie.net peut être téléchargée sur toutes les plateformes de ventes de livres numériques, ePagine et ses libraires partenairesinclus (multi-formats dont ePub, marquage sans DRM, 2.99€).
Et tout de suite un long extrait qui rappellera bien des choses à tous les amateurs de ce monument de la littérature mondiale qui est aussi le dernier texte connu écrit par Hemingway avant son suicide en 1961.
ChG
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Extrait du vieil homme et la mer
« (…)
Juste avant la nuit, alors qu’ils passaient une grande île de sargasses qui se soulevaient et balançaient dans la lumière de la mer comme si l’océan faisait l’amour avec quelque chose qui se cachait sous une couverture jaune, un dauphin attrapa la ligne arrière. Il le vit tout d’abord quand il sauta en l’air, tout doré dans la dernière lumière du soleil, battant violemment dans son saut. Il sauta de nouveau et de nouveau, des sauts que la peur rendait acrobatiques, et il l’amena jusqu’à sa poupe, accroupi, tout en retenant la grande ligne de sa main et du bras droits, ramenant le dauphin de sa main gauche, retenant la ligne chaque brasse de son pied nu. Quand le poisson fut à toucher le canot, plongeant et se hérissant de tous les côtés par désespoir, le vieux se pencha sur le plat-bord, et souleva le poisson d’or poli avec ses taches mauves par-dessus la poupe. Ses mâchoires battaient convulsivement dans des morsures rapides contre l’hameçon, et il battait le fond du bateau de son long corps plat, de la queue et de la tête, jusqu’aux coups de gourdin sur la tête brillante et dorée qui le laissaient tressaillant, mais inerte.
Le vieux décrocha le poisson, remit un appât sur sa ligne avec une autre sardine et la remit à la traîne. Puis il revint laborieusement à la proue. Il lava sa main gauche et l’essuya sur son pantalon. Puis il passa la grande ligne de sa main droite à sa main gauche et lava sa main droite dans la mer tout en regardant le ciel plonger dans l’océan, et surveillant l’inclinaison de la ligne.
– Elle n’a pas changé du tout, dit-il. Mais suivant le mouvement de l’eau le long de sa main, il remarqua qu’ils avaient encore ralenti.
– Si je laisse les deux avirons à la traîne, ça devrait le ralentir encore pour cette nuit, dit-il. Il est bon pour la nuit et moi aussi.
Ce serait mieux de dépecer le dauphin un peu plus tard, pour que le sang reste dans la viande, pensa-t-il. Je peux faire ça dans un moment, quand je mettrai mes avirons à la traîne. C’est mieux de laisser le poisson tranquille maintenant, et de ne pas trop le déranger au crépuscule. Le coucher du soleil est un moment difficile pour tous les poissons.
Il sécha sa main droite dans l’air du soir, puis assura de nouveau sa prise sur la ligne et s’arrangea comme il put, se débrouillant pour s’allonger contre le plat-bord pour que le bateau ait sa part de la traction, et partage avec lui.
J’apprends comment le faire, pensa-t-il. Enfin, cette partie-là. Puis se souvint qu’il n’avait rien mangé depuis qu’il avait pêché ce thon gardé comme appât, et qu’il avait besoin de se nourrir. J’ai mangé le thon en entier, demain je mangerai le dauphin. Il l’appelait dorado. Peut-être que je devrais en manger un morceau quand je le viderai. Ce sera plus difficile à manger que la bonite. Mais ici rien n’est facile.
– Tu vas comment, le poisson, demanda-t-il à voix haute. Moi je me sens bien, ma main gauche va mieux, j’ai de quoi manger pour cette nuit et demain. Tire mon bateau, le poisson.
Il ne sentait pas si bien que cela, la douleur due à la corde en travers de son dos avait dépassé la simple douleur, était devenue un engourdissement dont il se méfiait. Mais j’ai traversé des choses bien pires, pensait-il. Ma main est seulement coupée et la crampe est partie de l’autre. Mes jambes vont bien. Et maintenant j’ai un avantage sur lui dans comment se nourrir.
(…) »
© Ernest Hemingway, Le vieil homme et la mer, traduction François Bon, publie.net, 2012.

12 juin 2011

appel du 15 juin à TOUS les blogs de .fr : hommages à Sébastien Bottin

Ça commence comme ça :

La petite rue Sébastien-Bottin, à Paris, sera rebaptisée le 15 juin rue Gaston Gallimard, en hommage au fondateur de la prestigieuse maison d’édition centenaire qui en occupe le numéro 5, non loin de la Seine, et a vu défiler depuis 1911 les plus illustres écrivains.

Le baptême de cette rue du 7e arrondissement de la capitale, nichée entre le pont Royal et le boulevard Saint-Germain, aura lieu le 15 juin, à 19H00, en présence du maire de Paris Bertrand Delanoë et d’Antoine Gallimard, petit-fils de Gaston et PDG aujourd’hui du plus grand éditeur indépendant français.

Une plaque sera aussi apposée sur la façade du siège de la maison d’édition.

Et c’est ainsi qu’on efface raye dissout celui qui fut statisticien, fonda la Société de l’Almanach du commerce en 1796, et publia ensuite le fameux annuaire, qui donnera le nom générique de bottin, qu’on le biffe d’un trait pour célébrer le règne de l’euro et du bénéfice sous prétexte de… maison d’édition (on se demande d’ailleurs pourquoi pas une rue Edouard Leclerc, une traverse FNAC, ou, tiens, puisqu’on n’en est pas à un paradoxe près, une avenue Virgin Mega Store ou Amazon ? — non, mieux encore, et certainement plus justifié : un boulevard Durex).

Ça commence donc comme ça, et ça laisse la porte ouverte à tout et n’importe quoi.

Ça finira donc comme ça :

appel à tous les blogs auteurs et éditeurs, à tous les blogueurs de France et de Navarre

le 15 juin

pour protester contre la disparition de sa rue : fendez-vous d’hommages fictifs ou réels à Sébastien Bottin

On en sera.

⎢la suite sous peu