11 février 2009

Consider the lecteur

Pendant que La Route défile, coupe le souffle et les jambes aux yeux (sic), laisse un goût de cendre dans la bouche, quelques mots sur les dernières acquisitions en vue de lectures ultérieures, prévues pour plus tard (sic²), un plus tard dont le repère chronologique fuyant s’apparente à un road runner qui…

Q : Pourquoi plus tard ?

R : Bonne question. Il se trouve que le lecteur, genre, disons, qui aime vraiment lire, se délecte non seulement de ce qu'il lit mais aussi goûte à tout ce qui peut se lire. En furieux curieux. D'où une certaine tendance, voire une tendance certaine, à l'achat im(com)pulsif.

Tout et n'importe quoi.

Un tout qui va de celui dont il veut tout lire, dès que "ça sort". Quitte à racheter ensuite, plus tard, les mêmes bouquins, en poche. En effet, ne nous leurrons pas : tôt ou tard, et plus tôt que tard, se posera irrémédiablement un problème de stockage – la solution de repli "poche", hélas, n'étant qu'un artifice puisque ce spécimen (qu'on nous présente en voie d'extinction – rions un peu : j'ai les noms des survivants et, croyez-moi, ils se reproduisent par scissiparité) se caractérise par une incapacité crasse à se séparer du moindre volume. Alors, il déplace. En quelque sorte, il copie/colle mais jamais n'annule/remplace. L'addiction serait trop salée s'il devait retrancher.

Le n'importe quoi, lui, le projette sur une 4e de couverture d’où il marsupilamise de papiers en papiers, lus ici ou là, puis traverse ensuite les conseils enflammés d'un autre à lui-même identique, pique une tête dans la collection qu’il sait ne jamais l’avoir déçu ou trop rarement pour en nourrir quelque envie d’adultère – tout cela est très physique.

La somme du tout et n'importe quoi, outre le stockage évoqué plus haut : quand lire ?

Entendons nous bien, il n'est pas question ici-là de déterminer qui lit le matin, le midi, le soir, les trois, non, on se calme.

Entendons plutôt : quand lire ce livre-là ?

Parce que, voyez-vous, la vie n’est pas un long fleuve tranquille pour ce boulimique mais plutôt une succession de plus tard capables de muer en plus tôt : Road Runner Syndrome...

Oui. Bon. Reprenons.

Parce que, voyez-vous, l’impulsivocompulsif addicté est victime d'une conspiration auto générée. Parfaitement. Sinon, comment expliquer qu'au moment précis où sa main va pour s'emparer du bouquin qui trainait depuis trop longtemps sur ses étagères – ce qu’il se dit – ses yeux (les fourbes !) dévient légèrement sur le côté et se posent sur.

Pourquoi pas celui-là, finalement ?

Ou cet autre, là ?

On n'imagine pas la souffrance du choix, non, vraiment. Parce que qui dit "choix", dit "trancher", donc "retrancher" (cf. plus haut).

Alors on n'imagine pas la souffrance du choix, non, vraiment. Parce que figurez-vous que la conspiration est double et implique également un réseau à l’efficacité sournoise. [action replay] Sinon, comment expliquer [FFW] [Stop] [Play] celui-là, finalement ?

Ou cet autre, là ? [Stop] [Rec] Il se trouve qu'une fois son choix arrêté – choix qui va le plonger des semaines durant dans un pavé tout en picorant dans un autre, parfois même un troisième (d'où il appert que le lecteur, le vrai, le dur, le tatoué est ambioculaire, voir [ah ah] ambiquadrioculaire – au moins !) – voilà-t-y pas qu’Untel sort un nouveau roman [argl !] que Autretel, histoire de ne pas être en reste, en sort un à son tour [ouch !] et que, pour faire bonne mesure, on annonce enfin la traduction en frenchais de chez nous du dernier avant-dernier Anotherone [oui, bon, certes, il s’agit là d’un paradoxe temporel translatif dont la formule chimiquement instable s’écrit VO±(365x2)=VF] et patatrac, que le grand cric le croque il craque et se retrouve en moins de deux avec trois[point d’équation ici] bouquins de plus sur ses étagères.

D’où : quand lire ces nouveaux livres-là ?

Si tout cela ne relève pas du complot, hein, franchement : nous sommes d’accord.

À ce stade, on pourrait opposer que la solution sinon idéale du moins satisfaisante (quoique) consisterait en une désintoxication de l’addicté. Impossible sans courir le risque de voir le sujet en proie à une crise de manque dé-vas-ta-trice. De même, l’injection de produits de substitution s’avère inopérante : des tests cliniques le prouvent – voyez les résultats consignés sous le nom de code « Canada Dry », de même que les substrats d’Appellation Générique Contrôlée D.A.U.B.E.

Non, rien à faire : vous ne ferez pas prendre des vessies pour des lanternes à ce drogué grave ; à force de goûter à tout, il a affiné son palais, le bougre – c’était fatal, même si ce fut long.

Selon certaines sources, les laboratoires du consortium Placebo-ok and Co seraient d’ailleurs sur le point de fermer boutique.

[…]

Q : Tu baves sur ton clavier, tu t’es endormi ?

R : I have a dream!

Q : Et les dernières acquisitions en vue de ?

R : Plus tard.


La suite sous peu.

4 février 2009

A tribute to temporel#2

Déjà évoqué il y a quelques temps de cela : le mystérieux Temporel et ses commentaires énigmatiques.
Il y a peu, ce(tte) dernier(e) a livré la clé (cryptée) permettant de dénicher le - n'ayons pas peur des mots - Graal.
Et en son sein, des pépites. Parmi lesquelles on découvrira avec le sourire un IV de garp, de même qu'un IV de Claro et garp.
Un jeu de piste à travers la toile, une expérience ludique pour une découverte...lumineuse. Une façon toute personnelle d'appréhender les oeuvres lues. Dont Pynchon, Claro, Mathias Enard, entre autres et pas des moindres.
Merci...Marylin Rolland.
(où l'on s'aperçoit ainsi que l'esc@rgot avait tout faux dans ses suppositions)

La suite sous peu.

18 janvier 2009

David Foster Wallace : extrait à l'intention de ceux qui ne connaitraient pas encore et ne savent pas ce qu'ils manquent

& il advint ainsi que Reggie Ecko, tout d'Alfani paré & équipé de bésicles lucifuges, tourmenté par des myriades d'insectes sous-cutanés & en proie aux affres générales du manque, s'achemina incontinent vers la demeure lilas cassé de Sissee &, après avoir examiné toutes les fenêtres aux stores tirés & vidé le sable de ses mocassins à plusieurs reprises & fait retentir la sonnette Cyndi Lauper, enfonça la porte d'entrée & fit sauter la chaîne de sûreté pathétiquement naïve & voilà Sissee, qui tuait le temps innocemment, Walkman sur les oreilles & cassette d'aérobic dans le Walkman ; alors, c'est du moins ce que conclut l'enquête, Ecko -- entrant avec frcas & voyant Sissee Nar non seulement debout & éveillée mais encor donnant vigoureusement toutes les apparences de mouvement motivé -- hésita, un bref & trop humain instant, à ouvrir le feu, allouant ainsi à Sissee une chance de s'enfuir & d'échapper à l'hommage fatal que voulait lui rendre le traqueur, sauf que, apparemment, elle entrevit son reflet double dans les verres traités "miroir" derrière lesquels Ecko protégeait de l'horrible clarté du jour 3D les rétines Romantiques de ses yeux chassieux & fut, apparemment, juste, genre, totalement clouée sur place à la vue de sa propre image mortelle, littéralement pétrifiée par ce qui fut sans nul doute la révélation de ses appâts Optimisés & transhumains dans le premier miroir de quelque sorte que ce fût dont elle croisait le reflet & apparemment, durant qu'elle se tenait là, hiératique & passive & impénétrable & sous le choc, le coeur d'Ecko se regonfla de passion condamnée & d'amour intolérable & de feu supra-Romantique & d'arias en ut majeur & cette foudre lui électrisa si absolument le système nerveux central qu'il reprit ses esprits/perdit la tête une fois de plus & dessouda Sissee, généreusement, avant de se brûler la cervelle de, mystérieusement, non pas une mais trois balles.

David Foster Wallace : Tri Stan : J'ai cédé Sissee Nar à Ecko (extrait) in Brefs entretiens avec des hommes hideux - Au Diable Vauvert

La suite sous peu.

11 janvier 2009

A tribute to temporel

Une énigme secoue la toile depuis quelques jours.
Enfin, disons plutôt que certains recoins de la toile bruissent de points d'interrogation.
Non. En réalité, certain microcosme se pose des questions.
La décence m'oblige à révéler que depuis le 22 décembre, je m'interroge : qui ?
Comment ?
Qui quoi ?
Qui, mais qui donc est temporel ?
Je reconnais que, posée de la sorte, la question s'avère pour le moins étrange.
Reformulons.
Depuis le 22 décembre de l'année dernière, fleurit ici-là un commentateur pseudonymé temporel. Ses messages sont à la fois cryptés et bourrés d'un humour que je suis peut-être le seul à remarquer mais tant pis. Ma curiosité est piquée.
Qui est donc temporel ?
Creusons parmi les traces qu'il a laissées.
Historique :
22/12/2008 sur le Fric-Frac Club
Bon où suis-je ? Fric-frac club : résidences secondaires ! Je me suis encore trompé dans mes calculs, faut dire que je me suis servi de la matière noire qui dévie la lumière, les Wimps mais on en sait pas assez encore sur ce sujet. Je voulais aller vers la planque de l'escargot Garpien, finalement je trace une triangulation mais je ne sais pas si je vais réussir l'opération. Le chiffre 3 est récurrent en physique sans justification théorique. La triade et la triangulation ça fonctionne bien aussi dans C-J donc je vais y arriver, je prends mon temps. C'est étrange Ljubica me fait penser à Agathe sur l'Autofictif : tendresse, digression, éclat de rire.
05/01/2009 sur le Fric-Frac Club toujours
Dédoublez les haussières, les Lumières vers G@rp.
05/01/09
Dédoublez les haussières. Je perds également un peu de mon invisibilité. Le livre 5 au carré 49 est un fantôme. Je suis sûr que l'épouvantail est un complice à cause du strip-tease Botticelli, l'épouvantail a confondu l'intruse sur le territoire avec Oedipa Maas, édifiant non ! J'ai besoin de tes Lumières, V chapitres dans C-J et si mes calculs sont exacts 68 parties comme suit : Un = 9, Deux = 20, Trois = 18, Quatre = 20 (livre vain était subtil), Cinq = 1, soit 68 ça n'annoncerait pas à tout hasard les sixties in L.A. de IV ? Qu'est ce t'en penses ? Si toutefois mes calculs sont justes, ça me plaît tellement ainsi une belle harmonie dans ces chiffres, non !
07/01/09
Pendant que tu comptes les pages, un intermède, j'ai apprécié de retrouver le nombre 73 à travers l'évocation de Nixon dans Cyclocosmia et très attentif à l'écran noir au sujet de Gravity's Rainbow si le noir n'est pas lisse mais matière comme la page noire du Tristram Shandy ça devient très intéressant et je n'y avais pas pensé car j'ai retenu l'écran blanc enfin l'estompe vers le blanc, influencé par le vacuum à l'abandon de Perec et l' oeuvre remarquable et tellement humaine de Roman Opalka. C'est Vollmann qui aura le dernier mot : ...et seuls le noir et blanc demeurent.
08/01/09
Si j'avais dû me rendre au 19e à Ellis Island, l'île aux larmes (Perec Bober) l'administration aurait écrit la lettre L sur mon dos, j'aurais été le reître sur un plateau d'échecs, retour à la case départ vers l' Europe d'où je fuyais la misère, l'île ne veut pas du boîteux, elle refuse la différence, alors "I comme Idiot" ça m' a fait rire. J'ai regardé longuement mon visage dans une cuiller, côté convexe : mon visage déformé à l'endroit et côté concave mon visage déformé à l'envers, ya pas de doute l'Idiot c'est moi tant pis si c'est prétentieux. Ce qui est jubilatoire c'est que j'avais pressenti l'image de la cuiller avant que l'Idiot n'entre en scène, c'est quelquechose d'indéfinissable ça se passe dans l'écriture. T'en mets du temps à compter les pages ! Je sais t'es coincé avec l'expédition Franklin, temps idéal pour relire le livre.
09/01/09
Si je choisis de ne pas prendre les fusils, il me reste le rire, le chant, l'harmonie. A chacun son triplé : le chiffre 9 Perec l'appréciait car il l'associait, entre autres, à l'adjectif NEUF. 9 = triade de trois 3+3+3 (Jimi Hendrix if 6 was 9, on le retrouvera sûrement dans IV = 9 + 22 ou 22 - 9), ce que j'apprécie dans la triade de Peirce c'est l'abduction qui suit induction et déduction parce que l'abduction c'est du dissensus. La table de 9 est palindrome, elle renvoie à la navette du métier à tisser (IWW dont la cause t'a ému) gauche droite, droite gauche. 18 le double de 9 donc 3 au carré + 3 au carré et enfin 20 et sa rétroprojection qui correspondent aux 20 triangles (triangle : le plan) de l'icosaèdre (miroir d'eau), le chiffre 1 est hermaphrodite, je n'ai jamais cru que l'ange n'a pas de sexe, il choisit comme Orlando il est soit masculin soit féminin. Avec le triangle de Pascal derniers détails à régler avant l'épilogue.

C'est tout pour l'instant.
Après relecture, il appert que certains indices m'inclinent à pencher pour Pugnax.
Ou un certain PlayDo Bros, bien trop lointain.
Rien n'est moins sûr.
Mais quand même.
En tout cas, temporel est fidèle, dingue du ciboulot, il lit : je tenais donc à le remercier.
Ici.
Au grand jour.

La suite sous peu.

1 janvier 2009

Bon..ben...Bonne Année, hein...

En règle générale, au douzième coup de minuit ça se passe comme ça :


Le lendemain -- aujourd'hui, donc -- ça se passe comme ça :


Alors, à l'occasion de la nouvelle année (2009, pour ceux qui auraient du mal à suivre), l'esc@rgot est heureux de vous présenter des vœux qui réveillent les paupières lourdes et cernées par des blancs rougis de tous bords (?)
Pour les messieurs :


Ça le fait, non ?

Pour les demoiselles :


Pfff ! même pas de quoi s'acheter une chemise ! [ceci dit sans jalousie aucune. Non, vraiment aucune.]

Bonne & Heureuse Année 2009 !
Et n'oubliez pas de lire, lire, lire et écrire, écrire, écrire - mais surtout, surtout : de rire, rire, rire. De tout, de rien.
Bises baveuses @ toutes & tous !